Travailler pendant et après les études : Canada et France, les règles officielles
Le droit de travailler pendant les études et la possibilité de rester après le diplôme pèsent lourd dans le choix entre le Canada et la France. Les règles sont très différentes : un plafond hebdomadaire au Canada, un plafond annuel en France, un permis de travail postdiplôme conditionné par la langue et le programme, des titres de séjour liés au niveau de diplôme. Ce guide reprend ce que publient IRCC et Service-Public, avec les dates de vérification, et indique ce que leurs pages ne précisent pas.
Quelques chiffres
Travailler pendant les études au Canada
Selon la page d'IRCC mise à jour le 15 avril 2026, vous pouvez travailler hors campus sans permis de travail si vous remplissez toutes les conditions : être étudiant à temps plein dans un établissement d'enseignement désigné, avoir commencé votre programme postsecondaire (ou professionnel de niveau secondaire au Québec), détenir un permis d'études valide, suivre un programme d'au moins six mois menant à un diplôme, un certificat ou un grade, avoir un permis dont les conditions autorisent le travail hors campus, et avoir un numéro d'assurance sociale (NAS). Les étudiants inscrits seulement à un programme d'anglais ou de français langue seconde, à des cours d'intérêt général ou préalables, ou en congé autorisé n'y sont pas admissibles.
Vous pouvez travailler jusqu'à 24 heures par semaine pendant les sessions, réparties au besoin entre plusieurs emplois, et sans limite d'heures pendant les congés prévus au calendrier (été, hiver, semaine de lecture). Vous devez suivre vous-même vos heures et pouvoir prouver que vous respectez la limite. Un dépassement viole les conditions du permis et peut entraîner la perte du statut d'étudiant, des refus futurs ou l'obligation de quitter le Canada. Le travail à distance pour un employeur situé hors du Canada est permis si vous respectez les conditions de votre permis, et il ne compte pas dans la limite de 24 heures.
Le NAS et la condition de travail sur le permis
Le NAS est un numéro à neuf chiffres nécessaire pour travailler au Canada. Avant d'en faire la demande, votre permis d'études doit porter une condition précise sur le travail. Sinon, vous devez d'abord demander une modification du permis, sans frais. Les règles du travail sur campus sont décrites sur une page distincte d'IRCC, que ce guide ne reprend pas : lisez les conditions de votre permis.
Travailler pendant les études en France
Selon Service-Public (page vérifiée le 7 octobre 2025), un étudiant non européen peut travailler jusqu'à 964 heures par an, soit 60 % de la durée légale annuelle du travail, sans autorisation de travail. La période de comptage commence à la délivrance de la carte de séjour ou à la validation du visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) : un titre délivré le 1er septembre 2025 couvre ainsi les heures jusqu'au 31 août 2026.
L'employeur doit faire une déclaration nominative à la préfecture du département de son siège au moins deux jours ouvrables avant le début du contrat. Dépasser 964 heures expose l'étudiant au retrait de son titre de séjour et au refus de son renouvellement. La carte d'étudiant ne permet pas de devenir auto-entrepreneur.
Les étudiants qui signent un contrat d'apprentissage peuvent travailler au-delà de 964 heures dans le cadre de leurs études, une fois le contrat validé. Il faut avoir séjourné plus d'un an en France, sauf pour les étudiants en master ou titulaires d'un diplôme de niveau I reconnu par la Conférence des grandes écoles. La page précise aussi que pour un séjour de six mois, une autorisation de travail est requise et les heures sont proportionnelles à la durée.
Après les études au Canada : le permis de travail postdiplôme (PTPD)
Selon IRCC (pages du 9 mars 2026 et du 24 juin 2026), le PTPD s'adresse aux diplômés de certains établissements désignés. Le programme doit durer au moins huit mois, ou 900 heures pour un diplôme québécois. La durée du permis peut atteindre celle du programme pour un programme de moins de deux ans, et jusqu'à trois ans pour un programme de deux ans ou plus ; pour une maîtrise, un PTPD de trois ans est possible même si le programme dure moins de deux ans, à condition qu'il dure au moins huit mois (ou 900 heures). La durée est aussi limitée par la validité du passeport.
La plupart des candidats doivent fournir des résultats de test de langue : au moins CLB 7 (anglais) ou NCLC 7 (français) dans les quatre habiletés pour un programme universitaire, et CLB ou NCLC 5 pour un collège ou un programme non universitaire. Pour un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat, aucun domaine d'études n'est exigé ; pour les autres programmes universitaires et les programmes de collège dont la demande de permis d'études a été présentée à compter du 1er novembre 2024, le domaine d'études doit figurer dans la liste admissible. La demande doit être faite dans les 180 jours suivant la confirmation de la fin du programme. Les frais sont de 255 $ selon notre guide sur le permis d'études, fondé sur la page d'IRCC de mars 2026.
Tous les tests de langue et leurs règles sont expliqués dans notre guide sur les tests de langue.
Après les études en France : les titres de séjour possibles
Selon Service-Public (fiche reproduite sur le Code du travail numérique, mise à jour le 1er juin 2026), trois titres sont possibles pour les étudiants qui terminent leurs études. La carte « salarié ou travailleur temporaire » exige un contrat ou une offre d'emploi et une autorisation de l'employeur ; pour les titulaires d'un bac+2 ou d'une licence, c'est le seul titre listé, et la situation de l'emploi est vérifiée sauf pour les métiers en tension. La carte « recherche d'emploi / création d'entreprise » est ouverte aux titulaires d'une licence professionnelle ou d'un master : elle doit être demandée avant l'expiration de la carte étudiante. La carte « talent » pluriannuelle, soumise à conditions dont un salaire, est aussi ouverte aux titulaires d'une licence professionnelle ou d'un master.
Pour un master, la carte de salarié est possible si l'emploi est en tension, ou s'il est lié à la formation et rémunéré au moins 2 800,53 € bruts par mois. Pour le changement de statut, la demande se fait dans les deux mois précédant la fin de validité de la carte étudiante. La page ne précise ni la durée de chaque titre, ni les frais. Des accords bilatéraux peuvent prévoir des règles propres selon la nationalité : vérifiez auprès de la préfecture.
Comparer sans tout mélanger
Le Canada fixe un plafond par semaine (24 heures hors campus pendant les sessions), la France un plafond par an (964 heures). Au Canada, le droit de rester après les études passe par un permis qui dépend de la langue, du type d'établissement et parfois du domaine d'études ; en France, il dépend du niveau de diplôme et de l'emploi. Ces règles changent : IRCC a modifié le PTPD à plusieurs reprises récemment. Avant de choisir un pays sur la base du travail, relisez les pages officielles, et considérez que le droit de travailler ne couvre pas les frais d'un séjour : la preuve de fonds reste exigée.
Les erreurs à éviter
Dépasser 24 heures par semaine pendant une session au Canada ou 964 heures sur la période de comptage en France. Commencer à travailler avant d'avoir le NAS ou sans condition de travail sur le permis. Passer un test de langue trop tôt pour le PTPD. Compter sur un revenu de travail pour justifier la preuve de fonds. Se fier à des offres d'emploi ou de « permis garanti » vendues par un intermédiaire : consultez notre guide sur les fraudes en immigration.
Sources officielles consultées
IRCC : travail hors campus pour les étudiants (page du 15 avril 2026), permis de travail postdiplôme — présentation (9 mars 2026) et admissibilité (24 juin 2026) ; Service-Public : « Un étudiant non européen peut-il travailler en France ? » (vérifié le 7 octobre 2025) et fiche « Étudiant étranger : comment travailler en France après ses études ? » (mise à jour le 1er juin 2026, reproduite sur code.travail.gouv.fr). Consultées le 26 octobre 2026. Les règles peuvent changer : vérifiez-les sur les pages officielles avant d'agir.
