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Coût des études au Canada pour un étudiant marocain : budget, preuve de fonds et exemptions

Étudier au Canada demande de réunir plusieurs budgets : les frais de dossier, une preuve de fonds pour l'année d'études et le séjour, les droits de scolarité de l'établissement, puis le coût de la vie. Ce guide reprend les montants officiels que l'on peut vérifier, indique où trouver ceux qui varient d'un établissement à l'autre, et détaille l'entente Québec–Maroc sur les exemptions de droits de scolarité supplémentaires. Les montants changent : confirmez-les sur les pages officielles avant de déposer votre demande.

Quelques chiffres

23 448 $
Fonds annuels de subsistance exigés par IRCC pour une personne seule (demande dès le 1er septembre 2026, hors Québec)
24 617 $
Seuil minimal pour étudier au Québec, personne seule, depuis le 1er janvier 2026
135 $
Frais de la demande de CAQ pour un étudiant étranger (MIFI, depuis le 1er janvier 2026)
90
Exemptions prévues pour des étudiants marocains : 45 au 1er cycle, 34 au 2e et 11 au 3e (entente de 2021)

Les quatre blocs de coûts

Le budget d'un étudiant marocain se compose de quatre blocs. Les frais de dossier se paient avant le départ : permis d'études, biométrie, certificat d'acceptation du Québec (CAQ) si vous étudiez au Québec, tests de langue. La preuve de fonds n'est pas une dépense, mais il faut disposer de la somme exigée et la démontrer. Les droits de scolarité dépendent de l'établissement, du programme et du cycle d'études. Enfin, le coût de la vie (logement, repas, transports, assurance) pèse chaque mois sur toute la durée du séjour.

Les sections suivantes donnent, pour chaque bloc, ce que les sources officielles permettent d'affirmer.

Les frais de dossier à prévoir

Le permis d'études coûte 150 $ et les données biométriques 85 $ par personne, valables 10 ans, selon les pages d'IRCC reprises dans notre guide sur le permis d'études. Pour étudier au Québec, la demande de sélection à titre temporaire d'un étudiant étranger coûte 135 $ depuis le 1er janvier 2026, d'après le tableau des frais du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI). Selon votre situation, une évaluation comparative des études effectuées hors du Québec peut aussi être demandée : elle coûte 141 $ depuis le 1er janvier 2026.

S'y ajoutent les frais de test de langue, qui varient selon le test et le centre, et les frais de candidature de chaque établissement, que chacun fixe lui-même. Ne payez jamais un intermédiaire qui promet une admission ou un CAQ garantis : consultez notre guide sur les fraudes.

La preuve de fonds exigée par IRCC (hors Québec)

Pour une demande de permis d'études hors Québec, IRCC exige de prouver trois choses : les frais de scolarité de la première année, les frais de subsistance et le transport aller-retour. Pour les frais de subsistance, les montants annuels qui s'appliquent depuis le 1er septembre 2026 sont de 23 448 $ pour une personne, 29 192 $ pour deux, 35 888 $ pour trois et 43 572 $ pour quatre. Entre le 1er janvier 2025 et le 31 août 2026, ils étaient de 22 895 $, 28 502 $, 35 040 $ et 42 543 $. IRCC précise que ces montants ne comprennent ni les frais de scolarité ni le transport, qui s'ajoutent.

Pour un programme de plus d'un an, il faut aussi expliquer comment vous financerez la durée complète. Une preuve de paiement des frais de scolarité et de logement de la première année, un prêt étudiant bancaire ou une bourse font partie des exemples donnés par IRCC.

La preuve de fonds pour étudier au Québec

Au Québec, la capacité financière est évaluée selon les critères du gouvernement du Québec, dans le cadre de la demande de CAQ. Le gouvernement a annoncé le 19 novembre 2025 que le montant minimal à détenir pour étudier au Québec passe à 24 617 $ pour une personne seule à partir du 1er janvier 2026. La page « coûts des études » du gouvernement du Québec (1er janvier 2026) donne aussi les montants annuels pour une famille : 34 814 $ pour deux personnes, 42 638 $ pour trois, 49 234 $ pour quatre, 55 045 $ pour cinq et 60 299 $ pour six, avec 5 254 $ de plus par personne supplémentaire. La capacité financière doit aussi couvrir le transport aller-retour.

Le MIFI accepte notamment : des relevés bancaires du Canada ou de l'étranger couvrant les six derniers mois, un certificat de placement garanti émis par une institution financière canadienne participante, la preuve d'un prêt étudiant accordé par une banque, la confirmation d'une bourse indiquant le montant, les versements et la durée, une preuve de paiement des frais de scolarité, ou une déclaration de soutien financier signée par une autre personne avec ses preuves financières. Une autorisation de transfert de fonds de l'office des changes n'est acceptée que si le pays limite les sorties de fonds. Vérifiez la liste à jour sur la page officielle.

Les droits de scolarité

Au Québec, les établissements universitaires fixent eux-mêmes les droits de scolarité des étudiants internationaux au baccalauréat ; aux cycles supérieurs de recherche, un montant forfaitaire s'ajoute aux droits de base. Au collégial, les étudiants internationaux paient des montants forfaitaires qui tiennent lieu de droits de scolarité. Les montants ne figurent pas sur la page du gouvernement du Québec : consultez le calculateur ou la page des droits de scolarité de l'établissement visé, qui est la seule référence fiable pour votre programme. L'Université de Montréal, par exemple, propose un calculateur de droits de scolarité sur sa page destinée aux étudiants du Maroc.

En dehors du Québec, chaque établissement publie ses propres frais pour les étudiants internationaux. Comparez toujours le coût total du programme, pas seulement la première année.

L'entente Québec–Maroc sur les exemptions de droits supplémentaires

Une exemption permet à un étudiant marocain de payer les mêmes droits de scolarité que les étudiants québécois. Elle est prévue par l'entente « en matière de mobilité étudiante au niveau universitaire » signée entre le gouvernement du Québec et le gouvernement du Maroc le 1er avril 2021 : 45 exemptions au 1er cycle, 34 au 2e cycle et 11 au 3e cycle. Elles sont attribuées dans des secteurs prioritaires (technologies de l'information et des communications, sciences du génie, sciences de l'administration et de la gestion, sciences de l'éducation, environnement, tourisme et gestion hôtelière, ressources hydrauliques, sciences marines, littérature et études québécoises), avec au plus 20 % pour des établissements anglophones.

Pour en bénéficier, il faut notamment : détenir un passeport marocain valide, un CAQ et un permis d'études, être recommandé par le responsable de la gestion des exemptions pour la partie marocaine, prouver son admission dans un programme universitaire québécois, s'inscrire à temps plein aux trimestres d'automne et d'hiver, et remplir le formulaire de candidature prévu. La durée maximale est de 3 ou 4 ans au baccalauréat (90 ou 120 crédits), 2 ans à la maîtrise et 3 ans au doctorat ; les programmes courts, les certificats et les diplômes d'études supérieures spécialisées sont exclus.

Le gouvernement du Québec précise, sur sa page consacrée aux exemptions selon les ententes, qu'aucune demande envoyée directement au ministère par un étudiant ne sera analysée : la candidature passe par le responsable désigné de votre pays. L'Université de Montréal indique, de son côté, que les étudiants marocains peuvent bénéficier d'exemptions et que 84 % des étudiants du Maroc au 1er cycle en ont reçu une.

Ce qui reste à vérifier avant de compter sur une exemption

Premièrement, l'entente de 2021 est conclue pour cinq ans à compter de sa signature et peut être reconduite par échange de lettres : confirmez auprès du responsable des exemptions et de l'établissement qu'elle est toujours en vigueur pour l'année qui vous concerne. Deuxièmement, une exemption n'est jamais acquise d'avance : elle dépend de la sélection et du nombre de places disponibles. Troisièmement, ne confondez pas cette entente avec une autre mesure : le gouvernement du Québec a annoncé qu'aucune nouvelle exemption des droits de scolarité supplémentaires ne sera accordée à partir de la session d'automne 2026 pour les étudiants sélectionnés par un établissement dans certains domaines prioritaires, hors de la Communauté métropolitaine de Montréal. Cette annonce vise une mesure distincte des exemptions prévues par les ententes internationales.

Sans exemption, prévoyez le coût complet des droits de scolarité internationaux dans votre budget.

Construire votre budget : méthode en cinq étapes

Premièrement, relevez les droits de scolarité de votre programme sur la page officielle de l'établissement, pour toute la durée du programme. Deuxièmement, additionnez les frais de dossier : permis d'études, biométrie, CAQ si vous étudiez au Québec, test de langue et évaluation de diplôme au besoin. Troisièmement, vérifiez la preuve de fonds exigée : IRCC hors Québec, MIFI au Québec, en ajoutant les frais de scolarité de la première année et le transport aller-retour. Quatrièmement, estimez le coût de la vie sur place avec les montants officiels comme plancher, car ils représentent un minimum à démontrer et non un budget confortable. Cinquièmement, gardez une marge pour les imprévus et le logement des premiers mois.

Si votre budget ne tient pas, regardez d'abord les exemptions et les bourses de l'établissement, puis d'autres programmes, avant d'emprunter ou de demander de l'aide à un intermédiaire.

Sources officielles consultées

IRCC, « Prouver que vous avez les moyens financiers » (mise à jour du 28 août 2026) ; gouvernement du Québec, communiqué sur les modifications au Règlement sur l'immigration au Québec (19 novembre 2025) ; gouvernement du Québec, « Documents exigés pour une demande dans le cadre du Programme des étudiants internationaux » (13 janvier 2026) ; ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, « Majoration des droits exigibles pour les services du Ministère » (1er janvier 2026) ; gouvernement du Québec, « Exemption des droits de scolarité supplémentaires en vertu d'ententes internationales » (9 juillet 2026) et « Exemption selon le programme d'études et la région » (5 mai 2026) ; Entente entre le gouvernement du Québec et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de mobilité étudiante au niveau universitaire (1er avril 2021) ; Université de Montréal, page « Étudiant au Maroc ». Consultées le 26 octobre 2026.